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Sainte-Lucie (Castries)

 

 

 

A Antigua, j'ai oublié ma casquette dans le minibus qui nous a si bien fait découvrir l'île. Je suis tellement obnubilé par le risque d'insolation que je décide de chercher sans tarder sa remplaçante dans Castries ! 

Visite de Castries

 

J'ai d'autant plus hâte de découvrir la ville qu'au début des années 90, lorsque j'étais aux Antilles, Sainte-Lucie passait pour un modèle: les habitants de cette île anglophone était réputés avoir compris qu'il fallait miser sur le tourisme pour remplacer les revenus déclinants de la canne et de la banane, tandis que guadeloupéens et martiniquais n'étaient pas aussi accueillants.

"Sainte-Lucie, simplement belle" ?


 Mais, à peine débarqués du bateau, les passagers sont assaillis par les chauffeurs de taxi qui proposent qui la plage, qui la Soufrière, qui une visite de l'île.... Ils sont encore bien plus pressants qu'à Antigua, d'autant qu'ici se mêlent chauffeurs "officiels" et moins réguliers.

Ce n'est plus de l'accueil, c'est du harcèlement !

Les sollicitations ralentissent le flot des passagers dans la zone franche et nous piétinons, c'est un peu opressant. Je me faufile donc pour partir silloner les rues de la ville. Au premier abord, Castries évoque assez Pointe-à-Pitre ou Fort-de-France, avec son marché sur le port, sa place centrale verdoyante, son église et ses boutiques de vêtements.

Visible au détour d'une rue, le paquebot élève un building de 10 étages, aussi impressionnant qu'il est fugace. La ville de Castries compte 12 000 habitants: l'arrivée de deux paquebots embarquant chacun plus de 3000 passagers et marins augmente sa population de plus de la moitié...

 

Le Costa Mediterranea au bout d'une rue de Castries

 

La place centrale de Castries avec son église

 

Bien que nous soyons Vendredi, il y a un office ce matin à l'Eglise: elle est bondée.

  L'église de Castries

 

Les rues commerçantes grouillent d'activité, dans une atmosphère hétérogène où les étals de chaussures à même les fourgonnettes cotoient les balcons créoles, gardés par de vieilles cabines téléphoniques à l'anglaise un peu défraîchies.

Mon exploration doit pourtant s'interrompre car un vieil homme me dissuade de continuer ma marche en avant: "vous devrier retourner au centre-ville, m'avertit-il, là-bas il y a des 'bad boys'...". 


 

Un étal de chaussures dans une fourgonnette

 

Balcon créole

Cabines téléphoniques à l'anglaise, un peu défraîchies

 

Je me doute bien que la prospérité des touristes, dont je suis, doit donner des idées aux moins scrupuleux, j'écoute donc son conseil et je reviens vers les rues commerçantes: d'ailleurs, c'est une casquette que je cherche, pas les ennuis !

La porte du magasin de vêtements dans lequel je pénètre interdit d'y boire, fumer, manger... ainsi que d'y porter un uniforme scolaire !

Là encore, le vendeur me conseille de rabattre mon T-shirt sur l'appareil photo que je porte à la ceinture.

Interdiction: de manger, de boire, de fumer, et d'entrer vêtu d'un uniforme scolaire  


 

C'est donc muni d'une casquette toute neuve (8 $ US) et d'une méfiance qui ne l'est pas moins que je termine ma visite par le marché, où il est interdit "de fumer et de cracher" ! Il est assez grand: toutes les boutiques, qu'elles vendent des denrées alimentaires, des peintures naïves ou des souvenirs, y sont regroupées.

Je m'y arrête le temps de boire une bière (3 US $), et d'acheter un panier d'épices.

Enfin, je me rends à la poste centrale pour envoyer les quelques cartes que je viens d'écrire devant ma bière. Même à la poste on peut payer les timbres en dollars américains, et la guichetière rend la monnaie dans cette devise. Heureusement, car mes autres achats m'ont déjà lesté de dollars caribéens dont je risque de ne savoir que faire...

 

Le marché: Interdiction de fumer et de cracher

 

Exposition-vente de peintures naïves

Paniers d'épices et paniers vides

 

En passant, je m'arrête devant un square qui honore Jean-Baptiste Bideau (1770-1817), natif de l'île, "capitaine qui voua sa vie à la liberté et sauva héroïquement la vie de Simon Bolivar". Le nom à consonnance française de ce héros témoigne de l'histoire mouvementée de l'île. Voici son histoire:

"L'expédition [de Bolivar] parvient à atteindre Margarita, puis Capurano et Ocumare de la Costa. Là il décrète l'émancipation des esclaves, convaincu qu'un pays qui combat pour la liberté ne peut héberger en son sein le cancer social de l'esclavage.

Séparé à Ocumare du gros de se forces, Bolivar est sur le point de tomber prisonnier et tente de se suicider pour ne pas souffrir une telle ignominie. Par chance, le mulâtre Bideau le sauve et le conduit à bord d'un navire."

Hommage à Jean-Baptiste Bideau  

 

Après cette actiité débordante, me voilà de retour sur le bateau.

 

Après un bref en-cas au self, je me mets en quête d'un taxi pour faire un tour. Il n'est plus question d'aller à la Soufrière: il faut être de retour à 17h30 à bord. En revanche, je conserve l'espoir de me balader dans les hauteurs qui dominent l'île, peut-être même aborder la forêt tropicale...

 

"Tour dans l'île"

 

Tous les groupes de passagers sont déjà partis, impossible donc de compléter un véhicule. 

 

Les négociations avec les chauffeurs s'annoncent mal: entre les "non officiels" qui ne m'inspirent guère, et les "garantis par le gouvernement" qui me prennent pour l'armateur du paquebot, je commence à redouter de devoir me cantonner au centre-ville. De guère lasse, je finis par conclure avec un jeune chauffeur qui promet, pour 30 $ américains, de me faire faire un tour de plus d'une heure dans l'île. Je tente de le faire s'engager sur un itinéraire sur la carte qu'on ma donné au débarquement, mais il reste un peu évasif.

 

Il m'emmène d'abord à un belvédère d'où l'on découvre la baie, dans laquelle paressent les deux léviathans.

Puis nous arrivons à un atelier d'artisanat où je décline son invitation à acheter quoi que ce soit. Pendant qu'il discute à l'intérieur, je prends des photos de la flore locale, abondante sur ces hauteurs.

Je reconnais l'alpinia et l'arbre à pain, avec ses grandes feuilles découpées et son fruit vert, mais j'ignore le nom de cette fleur jaune.

Nous sommes déjà dans les hauteurs. C'est loin d'être la forêt humide, mais la végétation déjà exubérante noie les maisons accrochés au morne.

 

Belvédère dominant la baie de Castries

 

Alpinia

 

Quelle est cette fleur ?
Villa dans la végétation tropicale

Fruit à pain sur l'arbre de même nom

 

Nous passons un bon quart d'heure dans ce petit paradis végétal, puis nous revenons sur la côte, où il me montre la baie dans laquelle il va pêcher de temps à autres. L'arche naturelle qui la ferme promet de beaux reliefs sous-marins, mais je n'ai ni mes palmes, ni le temps pour me lancer dans ce genre d'exploration. D'ailleurs, il me donne un cours de botanique en me faisant découvrir une plante (dont j'ai découvert ensuite qu'elle s'appelait Mimosa pudica) qui ferme ses feuilles lorsqu'on la touche, avec un léger courant électrique ! Au début je ne suis pas rassuré, puis je m'enhardis:
  Une baie au sud de Castries

 


Nous reprenons ensuite le chemin de Castries, où nous ne tardons pas à être bloqués dans les embouteillages.

Je compte bien qu'il me fasse visiter d'autres environs, mais il me dépose au bateau au bout d'à peine une heure et quelques kilomètres de balade !

Autant dire que lorsqu'il me réclame un pourboire, je lui dis ma façon de penser: je veux bien que l'essence ne soit pas bon marché ici, mais 30 $ pour cette promenade, je trouve cela déjà trop cher.

 Arbre (pied-bois) non identifié  

De toutes les escales, c'est la seule qui me déçoive: je regrette de n'avoir pas pris une excursion, au moins j'aurai découvert davantage que le Castries et ses environs... 

Je rentre donc au bateau en faisant un détour pour acheter une bouteillle de rhum "Chairman's Reserve" (15 US $), distillé sur place à partir de mélasse importée de la Jamaïque ou d'ailleurs (Sainte-Lucie ne produit plus de sucre). Avec le panier d'épices, il complète ma collecte saint-lucienne.


  Trésors de Sainte-Lucie

Il me reste un dollar caribéen et quelques cents non convertibles quand je vois que dans la zone franche qui mène au bateau, une affiche touristique de petite taille est à vendre pour 1 EC $, soit un "Eastern Caribbean Dollar". C'est une bonne manière de liquider ma monnaie, mais dès que la vendeuse voit que je fais mine de m'intéresser à son affiche "Welcome to Sainte-Lucie", sur fond de cette forêt tropicale que je n'ai pas vu, elle prétend que son prix est d'un dollar américain. Quand je lui rétorque que je sais parfaitement ce que "EC $" signifie, elle se lève, et d'un feutre vient rayer le "EC" ! C'est la petite goutte d'eau qui fait déborder mon vase de rancoeur: j'ai déjà l'impression de m'être fait arnaquer par le chauffeur, et voilà qu'elle se paie ostensiblement ma tête pour me vendre plus de deux fois son prix une affiche publicitaire. Je lui confie donc que je suis très déçu par Sainte-Lucie, qui s'est endormie sur ses lauriers, qui est chère et... bien moins attrayante qu'Antigua ! C'est cette dernière comparaison avec la rivale anglophone qui la met à son tour hors d'elle. Avec sa collègue, elle proteste qu'à Antigua, la vie est moins bon marché qu'à Sainte-Lucie. A mon avis, c'est à voir. Antigua est peut-être plus chère, mais on n'a pas le sentiment d'être une vache à lait comme à Sainte-Lucie. Je suis convaincu qu'il est normal que les touristes fassent vivre ces îles si accueillantes,  qu'ils paient plus cher que les locaux puisqu'ils ont bien plus de moyens mais le sentiment de se faire avoir est particulièrement désagréable...



 


Publié à 09:00, le 12/02/2010, Sainte-Lucie
Mots clefs :


Merci...

21:56, 12/01/2013 .. Publié par Pascale
... pour ce descriptif, ce témoignage!

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